Xav’ Blog

Nouvelles


Tristan et la Ville

Tristan avait devant lui, aussi loin que portait le regard, l’étendue infinie de la ville. Sous le soleil couchant, les lumières de la cité s’allumaient, une à une. Les néons multicolores, les phares rouges et blancs des voitures, la froide lumière des lampadaires plongeaient de toute part dans la ville sur les citadins pressés de rentrer chez eux. Leurs voitures, leurs bus et leurs camions crachaient leur fumée en vrombissant, et de là où Tristan était, il pouvait entendre la ville toute entière. Les klaxons les plus lointains parvenaient jusqu’à ces oreilles, et chaque soir il s’asseyait à cette terrasse pour entendre ce coeur battant, ce bruit infini, grave, que la plupart des citadins n’entendait plus.
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L’enfant-souffle

Une impasse, une nuit d’hiver, froide, lointaine, antipathique, presque apathique. Le vent charrie les flocons de neige qui, erratiques, se déposent lentement sur le sol. Dans la plupart des demeures, les lumières sont éteintes. Seules quelques télévisions restent visibles à travers les fenêtres, bleues lueurs tremblantes.

L’enfant marche vers le bout de l’impasse, vers la seule maison où une lumière est allumée, comme un phare sur la mer noire. L’enfant traine des pieds. Il s’arrête un instant et regarde, avec appréhension, la maison qui se dresse devant lui. Il ne veut pas rentrer. Mais le froid est mordant. Il n’a pas le choix.

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Anatole

Anatole est pas là. J’attends qu’il revienne.

Il m’énerve Anatole, à chaque fois, que je commence à parler, il s’enfuit. Il s’en fout de ce que je peux bien lui dire, même si pour moi c’est important. Je lui fais tellement confiance ! Mais je crois qu’il s’en rend même pas compte. C’est un ingrat Anatole.

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L’Ange, l’Oiseau, le Ver et le Narrateur

L’Ange était assis sur une branche, dans un chêne majestueux, seul au beau milieu d’une immense prairie. Il regardait le paysage magnifique qui s’étendait sous ses yeux : cette verte étendue où poussaient des milliers de centaurées pourpres, de marguerites, et où gambadait un troupeau de coccinelles. Plus loin, un méandre de rivière reflétait le bleu du ciel. L’Ange pouvait même apercevoir, tout là-bas à l’horizon, le miroitement de la mer, sur laquelle on distinguait un petit voilier. Il décida que bientôt il irait voir la mer. Peut-être même pourrait-il se poster à la proue du bateau, et se laisser porter par les vagues de délices de l’écume lui fouettant le visage…

Il fut tiré de sa rêverie par un faible cri au pied de l’arbre.
-L’Ange, eh, l’Ange !

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Apocalypse

La cloche de la fin du monde a sonné sept fois. Toutes les civilisations sont détruites. Cette fin du monde, c’est celle de la fin de l’Homme, de son concept du monde, du monde modelé par sa main.

Il ne reste que des ruines. Des immenses étendues de ruines partout sur la surface du globe. Les villes ont l’aspect du chaos des bombardements. Immeubles écroulés, toits éventrés, champs de ferraille et de pierre.

Quelques survivants tout au plus errent au milieu des décombres. Ils sont presque sous-vivants : au seuil de la mort.

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